Photographie

Horizons urbains, une dissertation photographique dans l’abstrait

Lorsque je prends mes photos dans les environnements urbains je cherche les souillures, les tâches, la saleté et l’usure pour y trouver des petites lignes d’horizons-, petits mondes dans lesquels je me permets de glisser et où mon imagination s’en va librement méditer, se raconter des histoires et s’échapper des impositions humaines des labyrinthes de béton que les villes représentent. En tant que photographe donc je veux devenir pointeur de doigt, non pas dénonciateur mais révélateur des choses qui se déguisent en laideur, qui se cachent, honteuses parce qu’elles ne correspondent plus aux intentions de leurs créateurs et que l’on ignore systématiquement quand on passe au-devant. L’horizon est un thème récurrent de mon travail. Ayant le privilège de vivre ici en Californie du Nord, où les horizons sont copieux et variés, ils continuent à piquer ma curiosité pour ce qui est au-delà de cette ligne, ils excitent mon besoin d’imaginer des mondes que j’aimerais découvrir. Malheureusement, dans les métropoles les horizons sont quasi inexistants et ils me manquent. Mon travail est alors comme un petit remède pour compenser. Ces images ont été principalement prisent à Barcelone lors de ma residence a Jiwar Creacio y Societat avec quelques-unes venant de Prague, Berne, Paris et Tokyo. Je choisis de ne pas identifier chaque photo par endroit car justement elles existent pour en échapper un instant. Dans le processus post-prise je m’amuse à intensifier la couleur et le contraste suivie d’une impression sur papier mat texturé. Mon intention est de lier de manière cohérente les esthétiques abstraites de ma photographie avec celles de mes peintures. Ce que je veux est de présenter au spectateur une série de petites scènes ouvertes à l’interprétation et j’espère que vous trouverez l’expérience propice à l’imagination.